chapitre un - les sirènes du tunnel
 
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Le diable attend patiemment chacune de ces âmes souillées - Ambrose

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Dim 27 Aoû - 21:30
Il est un monde où tout n'est que bonheur et amour. Un monde où l'herbe pousse à foison, où le ciel est dégagé et le soleil brillant un peu plus chaque jour. Un monde où les équidés sont heureux, où problèmes et terreurs n'existent pas. Un monde où l'instabilité et la démence sont inconnues, rayées, bannies. Peut-être ce monde est-il le paradis, où peut-être n'est-il qu'un rêve. Mais dans tous les cas, ce monde est inaccessible pour Requiem. Il n'est que le fruit de son imagination et de ses désirs, et le restera. Elle n'ira jamais au paradis ; non, les assassins vont en enfer. Peu importe la nature du crime, peu importe ses raisons. Le diable attend chacune de ces âmes souillées patiemment, et nul n'en réchappe. Ni les fous, ni les meurtiers. Ni lui, ni elle. Que se passera-t-il quand elle le retrouvera là-bas ? La jument l'ignore, mais elle n'a plus peur. La mort ne peut être pire que la vie. La vie est pire encore que le diable. La pire des garces.

Mais voilà des jours que son esprit ne laissait plus sa place à l'imagination. Le monde onirique de la cendrée n'était plus. Non, il a été remplacé, par un tunnel. Un tunnel. Un trou béant, noir et effrayant, qui hantait son esprit et en occupait tout l'espace. Des jours qu'elle ne voyait plus que ça, à n'en plus dormir, à en devenir complètement folle. Il fallait que cela cesse. Il fallait qu'elle découvre la signification de tout ceci. Alors la cendrée se mît en marche. Impossible de savoir où elle allait, où la guidaient ses pas. Elle avançait en vain, toujours dans la même direction, guidée par son subconscient. "Tout cela est insensé", se disait-elle. Mais elle avançait quand même.

Elle sut qu'elle était arrivée lorsque devant elle se dressa la noirceur du tunnel qu'elle voyait depuis des semaines. Que signifiait tout cela ? Quel en était le but ? Requiem n'y comprenait rien. Mais elle était irrésistiblement attirée par toute cette noirceur, ses membres ne désiraient plus qu'une seule chose : fouler le chemin de sable fin qui s'étendait devant elle. L'adrénaline faisait battre son cœur plus fort, ce goût inné pour l'aventure la poussait chaque minute un peu plus à l'intérieur de ce trou géant. C'était inexplicable, insensé, et complètement barge. Alors elle avança, d'un pas peu assuré au début, puis de plus en plus sûr au fur et à mesure que la pénombre l'enveloppait. Qui avait-il au bout ? Était-ce ce monde auquel elle avait toujours rêvé ? La volonté de le découvrir était plus forte que tout.

La traversée fut longue, obscure et incertaine. Plusieurs fois la cendrée eut pensé à faire demi-tour, mais elle n'en fit rien. L'attrait de l'inconnu était trop important. Le sable était trop doux. Et puis, le tunnel avait commencé à s'éclaircir. La pénombre laissait doucement place à une lumière douce et grisâtre. Elle en apercevait le bout, enfin. Et lorsqu'elle en sortit, son cœur fit un bon, et elle se stoppa net.

Voilà où elle en est arrivée ; devant la jument s'étend sur tout l'horizon une vaste pleine grisâtre et uniforme. Bien loin du monde idyllique qu'elle s'imaginait.

- C'est quoi ce délire ?

Le mépris et l'agacement son perceptibles dans sa voix. Quoi, tout ça pour ça ? Sérieusement ? Requiem a fait tout ce chemin pour déboucher sur une plaine vide et dénuée de vie. Est-ce à cela que ressemble l'enfer ? C'est probable. Une sorte d'enfer personnel, façonné à son image ; gris, cendré, vide, inquiétant. Oui, c'est sûrement cela : son enfer. Il n'y a que cette explication. Est-elle morte ? Très certainement, si elle est en enfer. Mais non, c'est impossible : son sang coule encore dans ses veines, son cœur bat encore dans sa poitrine. Requiem le sent. Mais bon dieu où est-elle alors ? "Un tunnel que je vois tous les jours dans mes rêves, réel, et qui débouche sur... du vide. Ca y est, je suis devenue complètement folle", pense-t-elle.


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Ambrose
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Lun 28 Aoû - 22:34
LE DIABLE ATTEND


Alors on est tous fous. C'est ça la vérité? On est juste un minable ramassis de paumés dans un vaste et ridicule enclos à tarés. Génial. Et si tous ça c'était fait exprès? L'autre qu'il avait rencontré lors de la traversée du tunnel, un peu bizarre, lui-même, usé, égratigné et dégueulasse, et maintenant quoi? Peut-être que la société les avait rassemblés ici pour les éloigner du monde normal? Va savoir. À quoi on peut bien s'attendre du monde des gens qui ne veulent que se faire aimer, que ce soit sincère ou non? Du monde où sortir du moule signe votre solitude? À ça, justement.

Ça fait plusieurs jours qu'Ambrose a les pieds dans la cendre et des sapins rachitiques pour seule compagnie. Le silence qui l'écrase et l'assourdit comme un cri. La cendre qui l'étouffe et se colle à lui. La lumière bizarre au loin qui l'aveugle et qui semble toujours s'éloigner comme un arc-en-ciel. Le désert, la mort, l'état de son cœur. Ses yeux sombres clignent en embrassant le ciel lourd, obscur, presque palpable. Où est-ce qu'il a bien pu se casser, l'autre? Il est seul, et ça, ça le bouffe, sans qu'il le veuille. Il ne supporte pas ça. Sa plus grande hantise, ce serait de crever tout seul (comme il a toujours été), d'être oublié (comme il a toujours été), et qu'on ne remarque même pas qu'il n'est plus là.

Et comme on dirait bien qu'ici les jours ont l'air de se ressembler, Ambrose erre encore dans le désert gris, saupoudré d'anthracite. À la recherche de quoi? De pas grand chose. De bouffe parce que des crampes commencent franchement à lui tordre la panse. De quelqu'un parce que merde, il a même pas envie de se faire la réflexion à lui-même. Attends. Et s'il réessayait de sortir par le tunnel? La première fois, l'obscurité s'était allongée à l'infini. Peut-être qu'il n'avait pas été assez persévérant. Sortir. Retourner à la vie réelle, celle qui l'a poussée à venir dans ce trou paumé? Sa vie serait pas meilleure mais au moins il aurait à manger. Allez, en route.

Il ne se presse pas, parce que ça lui demanderait trop d'énergie, et il en a besoin pour résister aux appels de son corps qui a la dalle. La cendre volette avec ses pas las et moroses.  Et retombe, lourde, parce qu'il n'y a pas de vent. Tout est immobile ici, comme une nature morte. Seule la lumière louvoie au loin, comme si elle dansait et l'appelait. Mais les fois où il a essayé de la poursuivre, elle le fuyait. Alors putain, il a appris à pas trop poursuivre quoi que ce soit, et certainement pas les rêves et les espoirs. Et cette lumière, là, elle a bien une tête d'espoir.

Le tunnel se distingue au loin, bouche béante, porte des ténèbres au milieu de nulle part. Il n'était pas si loin qu'il le pensait. En même temps, comment on peut avoir une foutue notion des distances quand tout est pareil partout. Rosie shoote rageusement dans la cendre dans une explosion monochrome. Et puis en quelques minutes, il est là, juste près de l'entrée mais pas dans les rayons de lumière qui s'y infiltrent. Et puis il entend des pas. Des pas. Des pas de quelqu'un qui est aussi taré que l'autre et Rosie pour aller se jeter à pieds joints dans un piège. Il se décale, de façon à ce que ce qui sortira du tunnel ne le voit pas directement. Ça tarde pas. C'est une inconnue qui sort à la lumière blafarde. Grise et cendrée comme tout ce qui les entoure. Elle s'arrête net et lui fait part de sa frustration et de sa surprise. Et comme si elle ne trouvait pas la situation assez inexplicable comme ça, il surgit pas loin derrière elle, avec son rictus moqueur toujours accroché à ses lèvres.

– Tiens c'est marrant, j'me suis fait la même réflexion y a quelques jours, quand j'suis arrivé. J'me la fais toujours d'ailleurs. C'est dit avec une légèreté presque insolente, tellement ça contraste avec tout ça. Il garde ses distances, au cas-où, et sourit intérieurement de sa propre petite plaisanterie, qui dans les circonstances n'est pas franchement marrante.


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Mar 29 Aoû - 14:46
Frustration. Voilà ce que ressent la jument en ce moment même. Elle n'est pas déçue, non ; en traversant ce tunnel, elle ne s'attendait à rien. Ni au paradis, ni à l'enfer (même si, entre nous, elle avait réellement pensé que c'était là où elle avait atterrie). Elle n'avait aucun but précis en entamant sa traversée, hormis la curiosité de savoir ce qu'il se trouvait au bout. Motivée par l'adrénaline et la volonté de trouver une explication à tous ses rêves étranges, elle avait foulé ce sable fin par goût d'aventure et d'ailleurs. Elle n'avait plus rien à perdre.
Mais surprise : à la sortie du tunnel, le vide. Un rien, au sens propre comme au figuré. Juste une plaine, des cendres et un horizon. C'est vide, comme son cœur. Ni chaud, ni froid. Ni sombre, ni éclairé. Pas de paradis, pas d'enfer. Il n'y a rien. La curiosité de la jument n'est pas assouvie ; ici, dans ce rien, il n'y a aucune explication. Aucune réponse à ses questions. Et c'en est tellement frustrant qu'elle en bouillonne. "Alors quoi, c'est tout ? Tout ça pour ça ?", se demande-t-elle. "C'est insensé, cela ne veut rien dire."

Perdue dans ses pensées lourdes de réflexion, Requiem esquisse un léger sursaut de surprise lorsqu'une voix venue de nul part surgit derrière elle. C'est une voix moqueuse, insolente et détestable, qui vient désagréablement gratter ses tympans. Lorsqu'elle se retourne, un étalon lui fait face. Bai brun et plutôt gringalet, il se détache bien plus qu'elle du paysage monotone qui les entoure.
Le rictus moqueur qu'il porte sur son visage ne fait qu'accentuer l'agacement de la jument. C'est certain, si elle ne sentait pas son cœur battre la chamade dans sa poitrine, elle jurerait que cet endroit est son enfer personnel. Le destin lui joue un sacré tour, franchement désagréable.

- T'es qui toi ? Sont les premiers mots qui sortent de sa bouche, agressifs, presque automatiques.

La distance entre les deux équidés est lourde de sens et de méfiance, Requiem le toise incertaine et d'un œil mauvais. Qui sait où diable la jument est tombée ? Il est nécessaire qu'elle soit prudente ; dissimulé dans l'ombre, elle n'avait pas vu venir l'étalon. Dieu sait si ils sont seuls ou si d'autres de leurs congénères se trouvent encore dans les parages. Cependant, au vue des distances que le bai a naturellement prises et en s'attardant un peu sur ses paroles, il n'est pas difficile de comprendre qu'il se trouve dans la même situation qu'elle. Lui non plus, ne comprend pas où il est. Il est seulement là depuis un peu plus longtemps et lui, à l'inverse de la cendrée, cela semble le faire rire. Ce qui est franchement agaçant.

- Et depuis quand t'es là exactement ? Où est-ce qu'on est ? Demande-t-elle les oreilles toujours plaquées en arrière.

"Et est-il arrivé par ce maudit tunnel aussi ? A-t-il eu les mêmes visions, les mêmes rêves qu'elle ? Qui a-t-il là-bas, à l'horizon ?" Tant de questions parcourent l'esprit de la jument, mais elle se retient de les lui poser. Déjà, parce qu'elle en a posé beaucoup trop ; ce n'est pas dans ses habitudes, mais la situation est telle qu'elle a désespérément besoin de réponses, et désespérément besoin de comprendre. De trouver un sens à tout cela qui, jusqu'à maintenant, ne présente pas l'ombre d'une explication logique et sensée.

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Ambrose
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Mar 29 Aoû - 21:56
LE DIABLE ATTEND


(en vrai dans ma tête il est archi pas musclé mdr, il est même un peu gringalet pour le moment huhu)(et t'inquiète pour le rp de l'amour)

Visiblement, la nouvelle n'a pas la tête à l'humour piquant. Compréhensible. Elle l'agresse direct, sûrement à cause de toute l'incompréhension qui doit tournoyer dans son cerveau. Parce qu'ici il n'y a rien de logique, mis à part la loi de la gravité, et ils sont tombés dans un piège qui fait torture et prison à la fois. Deux-en-un, génial. Qu'est-ce qui les attend encore ? La seule chose dont Rosie est sûr, c'est qu'ils en ont pas fini avec tout ce merdier.  Il reste de marbre face à la détresse de l'inconnue, et son insupportable rictus reste scotché à son visage sale. Il a connu la même situation qu'elle, et il sait bien qu'on s'habitue vite, alors autant que ce soit le plus tôt possible. Au final, involontairement, il pourrait être d'une grande aide à la jument grise, niveau questions. D'ailleurs, l'interrogatoire semble déjà avoir commencé, et ça arrache un petit ricanement amusé à Ambrose.

– Hé, du calme, y a pas l'feu. Il fait mine de regarder autour de lui. C'est vachement pire, en fait. Mais il garde son calme, il a déjà paniqué une fois, au tout début, en découvrant la mort tout en gris. Enchanté également, j'suis Ambrose, lâche-t-il sur le même ton. Elle est loin d'être enchantée mais Ambrose est du genre sarcastique.

Petit moment de réaction de la part de notre nouvelle, elle a l'air de capter un truc et lui lâche un petit regard méfiant. C'est vrai qu'il a l'air carrément flippant, là, surgi tout seul de nulle part, l'air de pas trouver ça grave, sale et blessé, boue et sang séché. Mais bon faut faire avec, alors il attend patiemment qu'elle ait fini son inspection et que oh, les questions fusent comme des flèches. Il la regarde avec l'air un peu blasé mais amusé.

– Ça fait quelque chose comme trois jours que j'suis coincé ici. Mais pas sûr, peut-être plus. Ou moins. J'ai essayé de ressortir mais y a un truc qui cloche et j'ai pas réussi. Et j'sais pas où on est. Dans la "Zone", on va dire. J'ai essayé d'aller vers la lumière là-bas mais on dirait qu'c'est infini. Faut continuer à chercher si c'est pas juste un désert gris et vide plein de cendres. Tout ça pour dire qu'il n'est pas plus avancé qu'elle et qu'il fait preuve d'un pessimisme incroyable.

Son regard a changé, il a plutôt l'air carrément épuisé. Mais il sait qu'il continuera quand même à chercher quelque chose, parce que de toute manière il n'a rien d'autre à foutre, et ce désert va finir par le rendre fou, si c'est pas déjà fait. On peut sérieusement se le demander, d'ailleurs. Il attend la suite de son interrogatoire, et il repartira s'enfoncer dans la mort. Faudra peut-être qu'il lui parle des visions et de tout le bordel. Autant le faire maintenant d'ailleurs.

– Au fait, si t'as eu des visions, que tu vois le tunnel depuis des jours et des jours dans ta tête c'est normal. Enfin normal, façon de parler quoi. J'ai eu la même chose, et l'autre aussi ... Hamilton, j'crois. Et si, voyant la lumière au bout du tunnel, t'as tout de suite pensé à un mot qui pouvait plus te quitter la cervelle, bah c'est normal aussi. Solar, que j'ai entendu. Aucune putain de logique, finit-il d'expliquer. Service de luxe pour madame la nouvelle, dis donc, c'est pas souvent qu'il l'ouvre autant.

Et y a ce sentiment en lui, ce quelque chose qui lui dit que leurs chemins, à eux deux, sont différents. Que c'est pas sur elle qu'il doit d'abord compter. Ça faisait la même chose avec Hamilton du Tunnel. La même tension qui lui avait gravé Solar dans la tête et celle qui l'avait poussé à entrer dans le Tunnel.


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Mer 30 Aoû - 21:48
(C'est modifié gnihi Au passage, je fais quelques tests d'écriture pour le Rp avec les temps, j'espère que ça ne te gêne pas trop )

L'étalon était tout ce qu'il y a de plus insupportable ; moqueur, sarcastique, et il ne se détachait pas de ce putain de rictus qui agaçait tant Requiem. Mais il tombait à pique, et détenait visiblement pas mal de réponses aux questions de la cendrée. Peut-être pourrait-il lui être d'une grande utilité par la suite, même si il avait l'air un peu bête et que la jument était sans doute beaucoup plus apte physiquement à se défendre d'un quelconque danger. Néanmoins, il est vrai que des réponses, contrairement à elle, il en avait. Alors certes, il n'expliquait pas tout et n'était pas plus avancé qu'elle mais au moins, il lui répondait. Et savoir qu'elle n'était pas seule dans ce merdier était quelque peu rassurant.

Ambrose. Bizarre comme nom, mais pas dégueu. La jument se détendit quelque peu ; il était sarcastique mais n'avait definitivement pas l'air méchant, c'était un bon point pour elle. Au moins, elle n'avait rien à craindre, même si elle préférait de loin rester méfiante. Sait-on jamais.

- Requiem, se contenta-t-elle de répondre, légèrement agacée par sa petite réflexion qu'elle se contenta d'ignorer.

C'est vrai qu'elle y avait été un peu fort sur les questions, et elle s'en sentait bête. D'habitude, la jument possédait bien plus de sang froid que cela, mais la situation dans laquelle ils se trouvaient avait quelque chose de différent. C'était comme si, dans son esprit, tout était emmêlé et chamboulé. Comme si plus rien n'avait de sens, elle avait l'impression que la traversée du tunnel avait changé quelque chose en elle. Sa vie allait être différente, elle le sentait. Tout cela était loin de lui déplaire, au contraire, Requiem ne demandait qu'à effacer le passé. Mais là maintenant, au beau milieu d'une plaine infinie et tapis de cendres, c'était quelque peu flippant. Mais d'un côté, elle adorait ça.

« – Ça fait quelque chose comme trois jours que j'suis coincé ici. Mais pas sûr, peut-être plus. Ou moins. J'ai essayé de ressortir mais y a un truc qui cloche et j'ai pas réussi. Et j'sais pas où on est. Dans la "Zone", on va dire. J'ai essayé d'aller vers la lumière là-bas mais on dirait qu'c'est infini. Faut continuer à chercher si c'est pas juste un désert gris et vide plein de cendres. »

Barvard, cet Ambrose. Trois jours ? Sans rien boire, ni manger ? Où étaient-ils tombés au juste ? La première pensée de la cendrée fut assez funeste. Alors ils avaient atterris là dans le simple but de mourir ? C'était quoi le plan, l'appel de la mort par un tunnel qui les condamnait à périr dans ce désert ? Ca expliquerait l'atmosphère si particulière de l'endroit. Ca expliquerait le fait complètement barge qu'ils ne pouvaient pas retourner sur leurs pas, apparemment. Mais tout cela était impensable, Requiem n'avait pas fait tout ce chemin pour ça. La mort ne l'effrayait pas, mais mourir dans ce désert en compagnie d'un gringalet bavard n'était pas vraiment dans ses plans. Bien que tout ce que la jument pensait savoir sur l'ordre des choses semblait remis en question, il y avait forcément quelque chose au bout de cette plaine. L'étalon n'avait pas dû aller assez loin, c'était impossible. Il fallait continuer, il fallait trouver le but de cette fichue "Zone". Et ca ne pouvait pas être une plaine complètement morne.

Mais alors que la jument s'apprêtait à répondre, l'étalon coupa clair à ses idées et la stoppa net. Alors elle n'était pas devenue complètement folle ? Lui aussi avait vu ce satané tunnel pendant des jours ? Il était évident que soit ils étaient tous complètement tarés, soit il y avait vraiment quelque chose, autre chose, derrière tout ça. Néanmoins, la première option était totalement envisageable. Peut-être que cette "Zone" était une sorte d'asile, un refuge pour tous les équidés devenus barges ou complètement brisés pas la vie. Cela expliquerait sa présence ici, et peut être bien celle de l'étalon. Faut dire que l'autre aussi, il avait pas l'air complètement normal. Mais bon, elle s'en fichait pas mal.
En revanche, la cendrée tiqua sur la seconde partie de la phrase d'Ambrose. Bliss. C'est à ca qu'il faisait référence, mais avec un nom différent. Mais ce Bliss, ça, elle l'avait entendu, et putain qu'elle l'avait entendu. Ce mot, sortit de nul part, lui avait occupé l'esprit autant que le tunnel les jours auparavant. Ca avait juste était plus rapide à sortir de son esprit. Au moins c'était clair, il n'y avait "aucune putain de logique", comme il l'avait si bien remarqué. Mais Solar, jamais entendu parler.

- Ouais, je vois très bien. Bliss. Elle marqua un temps d'arrêt, murmurant ce dernier mot presque pour elle-même. Toi aussi tu le sens, qu'on est pas pareils. Hein ? Putain, y a vraiment rien de normal ici.

Requiem avait prononcé ces mots sur un ton morne, lourds de sens et pourtant vidés de toute logique. Ils étaient différents, elle le sentait, d'une façon totalement inexplicable. Mais qu'est ce que cela signifiait au juste ? Allait-elle ressentir ça à chaque fois qu'elle rencontrerait quelqu'un, si jamais elle était amenée à recroiser une autre âme complètement paumée ? C'était vraiment complètement barge, à un point qu'il n'y avait même plus de question à se poser. Il fallait avancer, et c'était là la seule chose de sensée à faire. La cendrée reprit un peu de vigueur ; si quelqu'un là-haut pensait qu'elle allait rester planter là à attendre comme l'autre gringalet, il se fourrait le doigt dans le pif.

- Bon je sais pas toi, mais moi, je vais certainement pas rester crever dans ce trou. Alors je vais aller là-bas, vers la lumière, et je vais aller voir ce qu'il s'y passe. Soit tu viens et cette fois, tu fais pas demi tour, soit tu restes au milieu de ce trou.

Pour une fois qu'elle proposait à quelqu'un de l'accompagner, il serait idiot ne pas saisir la perche. Elle n'était pas du genre à s'encombrer de boulet mais là, maigrichon et plein de boue à attendre tout seul à la sortie du tunnel, il lui faisait presque de la peine.


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Sam 2 Sep - 11:49
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(ce pavé =o nan t'inquiète ça me dérange pas)

Sa tête a pas franchement l'air de plaire à la nouvelle - Requiem - mais il a l'habitude. Oui il a une gueule de petit con et ça plaît rarement. Dommage pour eux. Et d'ailleurs il se fiche complètement de ce que peut bien penser la femelle qui le lorgne d'une manière pas super cool et sympa. En tout cas, elle a pas l'air de se décoincer. En même temps elle ne sait même pas ce qui lui arrive, avec ce jeune gars sorti de nulle part qui a pour seul mérite de, wouah, la rassurer avec ses réponses, génial. Rosie la reluque, l'air blasé, quand elle commence à comprendre ce qui lui arrive. Elle en a mis du temps, quand même. Donc voilà, c'est enfin fini pour la séquence interrogatoire, il va redevenir le mec qui l'ouvre juste pour se foutre de ta gueule. Bliss, donc ? Il doit y avoir une raison pour laquelle ils n'entendent pas la même chose. Ils sont peut-êtres tarés tous les deux pour avoir été envoyés dans la Zone, mais ils sont différents là-dessus. En quoi? Ça, il le sait pas encore. Mais il sent qu'il tardera pas à l'apprendre, et un jour toutes les réponses qu'il cherche s'écraseront contre lui comme des pierres qu'on lui lancerait.

Il écoute attentivement ce que lui répond Requiem, parce qu'il sait que, par l'expérience intérieure des autres, il en apprendra aussi. Et ici, mieux on en sait, et mieux on se porte. Enfin c'est à voir. Pour autant il ne répond rien, se contentant de regarder là-bas, vers la lumière. Ça, elle ne lui apprend rien, y a rien de normal ici, il l'a compris. Reste à voir ce qu'ils vont découvrir de plus barré.

Attends attends, elle fout quoi, là? Elle arrive à peine, fait sa demoiselle en détresse à la recherche de réponse, et ça y est, se prend pour la petite chef ? Ambrose lui lance un sale regard. Il ne supporte pas ce retournement de situation. Pour autant, elle a raison, y a rien à faire à côté de ce tunnel parce qu'il est certain qu'il en ressortira jamais. Cette obscurité qui, de l'autre côté l'avait aimanté, le repousse aujourd'hui comme un malpropre. Donc autant faire quelque chose d'utile à sa survie, soit chercher à manger ou parcourir la Zone, s'il y a à parcourir.

– Bien sûr, mon général, lâche-t-il, désinvolte.

Rosie va pas lui faire une scène mais il lui fait bien comprendre qu'il va pas falloir qu'elle continue comme ça. Il la dépasse, et se met en marche dans une direction random. Parce qu'ici, y a pas de directions, de toute manière, l'horizon est partout, alors autant commencer quelque part. D'ailleurs, il faut qu'il trouve à manger. Y a peut-être quelque chose, ici, dans ce désert de cendre. La cendre c'est fertile, non? Pas ici, en tout cas, ou seulement pour des pauvres sapins émaciés. Qu'importe, autant essayer. Ses naseaux frémissants effleurent le sol pâle et volatile, la poudre s'y infiltre (ptdr on dirait qu'il sniffe un rail de coke). Pfff, c'est pas un chien, il va pas trouver de la bouffe par l'odeur. Pour autant, son regard dévie un peu plus loin, et il lui semble voir quelque chose ... Alors il s'approche, et il voit. Quelques touffes d'herbe sèche et poussiéreuse, là, perdues au milieu de nulle part. Ça risque d'être totalement dégueulasse, mais il fera pas la fine bouche. Il a concrètement la dalle.


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Sam 2 Sep - 11:49
Le membre 'Ambrose' a effectué l'action suivante : DÉS


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Dim 3 Sep - 14:52
Le brun semblait reprendre un peu du poil de la bête ; son regard mauvais et sa petite réflexion menaient sans grande difficulté sur cette voie. En reprenant en main la directive des choses, au moins, elle se ventait intérieurement du mérite de l'avoir fait se bouger les fesses. La jument esquissa un sourire mauvais lorsqu'il passa devant elle, non pas satisfaite de l'avoir énervé un peu. Requiem n'était pas un leader de nature, c'était certain, mais le courage ne lui manquait pas et si prendre les choses en main était la seule chose à faire pour que les autres se bougent un peu, elle n'hésitait pas ; tout le monde sait que la provocation est la meilleure des motivations.

Requiem se mît en marche en suivant l'étalon à une certaine distance, tout en gardant son rictus satisfait pendu aux lèvres. Qui d'ailleurs s'effaça rapidement lorsqu'Ambrose se mît à renifler le tapis poussiéreux de cendres ; il espérait vraiment trouver une quelconque trace de vie dans ce paysage complètement mort ? Ah, bah oui. Quelle fut la surprise de la jument de voir de loin que là, au beau milieu de la cendre poudreuse, une tâche verte se détachait du paysage. Requiem s'approcha, le même rictus se dessinant sur son visage ; loin de ressentir la faim puisque son arrivée était encore récente, l'étalon avait quant à lui vraiment une sale tronche, et il avait l'air de crever la dalle. La jument passa devant lui et sa petite touffe d'herbes à la sale tête sans s'arrêter, en le regardant du coin de l'œil.

- J'te dis pas bon appétit, lança-t-elle pleine de sarcasme.

Requiem continuait d'avancer tranquillement, jetant de temps à autres quelques coups d'œil par dessus son épaule pour savoir si l'étalon la suivait toujours. Surprenament, l'horizon semblait commencer à se rapprocher d'eux au fur et à mesure qu'ils progressaient dans leur marche. Silencieuse et curieuse, la jument accéléra le pas, toujours guidée par la lumière qui éclairait davantage le paysage morne dans lequel ils se trouvaient. Néanmoins, elle restait méfiante ; qui sait ce qui les attendait au bout ? Tout était envisageable, absolument tout. Peut être un endroit habité par la vie cette fois, sous quelque forme cela puisse-t-il être, comme une forêt. Ou peut-être d'autres équidés encore, qui avaient découvert cela avant eux. Peut-être tomberaient-ils sur une nouvelle plaine. Ou peut-être ne tomberaient-ils que sur un nouveau vide, la mort. Mais peu importe ce que cette lumière représentait, elle était leur seule échappatoire.

(Foutu dé trotrist )


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Ambrose
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LE DIABLE ATTEND


(mdr bon je prends la suite)

Cette pauvre pitance n'est certainement pas la bouffe du siècle, mais au moins, ça calme un peu les douloureusement crampes qui lui tordent impitoyablement les tripes. Il croque sa trouvaille en quelque secondes et rattrape la femelle qui ne s'est pas arrêtée. Et d'ailleurs il a ignoré sa petite réflexion, gardant tout de même un rictus au coin des lèvres. Ça fait du sarcasme, maintenant? Quelle mauvaise influence il a, dis donc.

Le temps est infini et l'espace aussi. Ils marchent, et lui il a l'impression de faire du sur place. Et pendant des heures et des heures, tout est silence, le sol, le ciel, les sapins, eux. Tout est mort, comme toujours. Et cette lumière louvoyante, là-bas, ne fait que les narguer, les appeler vers le vide, le néant. Le néant plat et gris, l'ennui mortel. La mort ennuyeuse. Sa gorge est tellement sèche. Il a soif. L'eau que contenait ces touffes d'herbe était bien trop insuffisante ... Mais. Attends. Comment ont fait ces herbes pour pousser, et seulement là où il les a trouvées ... ? Y avait-il un genre de nappe phréatique ou un truc comme ça. Il se retourne, tentant vainement de repérer là où il avait trouvé les végétaux. Mais il ne peut pas les voir, bien sûr, qu'est-ce qu'il est con, ça fait des heures qu'ils les ont dépassées! Il aurait dû y réfléchir plus tôt, putain. Quel abruti. Sous la rage, ses mâchoires se serrent violemment, mais il ne montre rien.

– Y avait peut-être de l'eau, là où j'ai trouvé l'herbe, crache-t-il, écœuré. – Si on trouve rien d'ici la fin de la journée, j'y retourne.

Mais quelle journée, quelle nuit ? Il n'a même pas réfléchi en disant ça, il ne sait même pas quelle heure il est, combien de temps exactement il est là, il a à peine dormi et il est très faible, assez pour perdre toute notion du temps et la notion de tout. Mais il faut marcher, toujours. Il faut chercher. Quoi ? Rien, tout, n'importe quoi, on sait pas. Il sent le pas de Requiem qui se hâte sensiblement. Elle a vu quelque chose ? Lui, il ne voit rien. Mais il suit, peut-être qu'elle a vraiment trouvé quelque chose.
De l'eau? Ce serait merveilleux. Son silence et la fébrilité des pas de la jument diffusaient un certain espoir qu'il parvenait presque à Rosie. Presque, parce qu'il est un répulsif à espoir. Et cette hâte continue encore et encore, et rien ne leur vient. Ambrose ricane, amusé par leur propre connerie.

– Tu pensais vraiment trouver quelque chose, sérieux ? qu'il lui lâche, avec son rictus amer et sa voix épuisée.

Et pourtant il continue de marcher, ses jambes avaient pris le rythme de la marche et il sentait que s'il s'arrêtait, la fatigue lui tomberait dessus comme une enclume. A force d'avoir regardé sans arrêt ce désert aveuglant et d'être sans cesse brûlés par la cendre, les yeux d'Ambrose sont injectés de rouge et larmoient doucement, essayant d'éliminer les poussières qui s'y logent.

(décidément)


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Dim 3 Sep - 23:12
(On y croit superhero J'aime ton dadou hinhin )

Cela faisait des heures qu'ils marchaient, en vain, dans le silence le plus total. Depuis combien de temps était-elle arrivée ? Ça y est, elle avait perdu la notion du temps, et cela la rendait folle. Si il lui restait un pilier, dans la vie, c'était bien la logique implacable et scientifique du temps qui s'écoule. Quelque chose de stable, d'explicable, qui ne changeait jamais. Mais là, dans cette plaine immonde et poussiéreuse, il n'y avait rien de logique. Il n'y avait que cette lumière, là-bas, brillant sur l'horizon et sur rien d'autre. Cet espoir vain qui accélérait les cœurs pour les détruire un peu plus. Telle était la vie, et tel semblait être ce paysage morne et vide de sens. L'espoir l'avait quittée depuis bien longtemps.

À chaque pas s'enfonçant davantage dans la cendre, la jument perdait un peu plus son sang-froid. Le silence la tuait ; ici, seule la présence de l'étalon qui marchait à côté d'elle semblait réconfortante. Elle ne le dirait jamais, et c'était encore plus insupportable à penser mais au moins, savoir qu'il y avait quelqu'un d'autre pour vivre cet enfer était rassurant. Et étant donné le caractère un peu lunatique de son compagnon de marche, elle ne donnait pas cher de l'état mental de celui-ci non plus, surtout s'il était arrivé là depuis plus longtemps qu'elle. Tu m'étonnes qu'il soit revenu au tunnel pour trouver de la compagnie, y'a vraiment de quoi devenir barge ici, pensait-elle.

Ses pensées furent confirmées lorsqu'Ambrose brisa le silence, crachant sous ses dents toute la haine envers quoi, la vie ? La plaine ? Le monde ? Peut-être tout cela en même temps, à l'image de Requiem. « à la fin de la journée », qu'il avait dit. La jument se contenta d'un soupire poussiéreux comme réponse, qui au passage fit voler une nuée de cendres autour de son visage. Décidément, même l'air était empoisonné de cette foutue cendre.

« Tu pensais vraiment trouver quelque chose, sérieux ? »

Du mépris, toujours accompagné de ce satané rictus. Au fond d'elle, Requiem sourit ; là, dedans, Ambrose et elle se ressemblaient en bien des points. C'était pour cela qu'il était insupportable mais qu'au fond, sa compagnie était rassurante. Parce qu'elle savait que là-dessus, ils étaient pareils. Au bord du gouffre, sans aucune notion du temps et sans une source de stabilité. Enfin, c'est ce qu'elle pensait. Puisque s'il y avait bien une chose dont elle était certaine, c'était qu'elle était tout aussi tendue et énervée que lui. Et il n'améliorait franchement pas les choses mais bon, rien que du peu qu'elle le connaissait, elle ne se serait pas attendue au contraire.

- En fait, il y a bien longtemps que j'ai arrêté de penser, lâcha-t-elle presque méchamment. Longtemps, des années ? Ou bien longtemps, quelques heures ? Elle-même n'était pas capable de répondre à ça. Mais honnêtement, s'il y a bien quelque chose que je souhaitais, c'était que la lumière, là-bas, bah c'était pas qu'une lumière. Un tout, un rien, peu importe. Mais quelque chose d'autre, continua-y-elle sur un ton haineux, et presque blasé. Ose me dire que c'est pas ton cas. Elle lui en voulait un peu d'avoir posé cette question qui fâche, mais ce n'était pas à lui qu'elle adressait sa haine. C'était à la vie. C'était à cette foutue plaine. C'était au monde entier.

Mais voilà. Alors qu'elle attendait patiemment la réponse du brun tout en continuant d'avancer, un nuage de brume vint se former autour d'eux. Plutôt fin pour commencer, il s'épaississait au fur et à mesure que les deux équidés progressaient, s'enfoncaient en son sein. Était-ce réel, ou seulement le fruit de l'imagination de la cendrée ? Non, Requiem jurerait que tout cela était bien en train de se passer. Qu'ils avaient tous deux aboutis à quelque chose, enfin. Mais le désespoir était bien trop grand, cela était bien trop beau pour être vrai. Il fallait qu'elle s'en assure.

- Dis moi que je ne suis pas en train de rêver, dit-elle doucement en parcourant des yeux le nuage brumeux qui venait de se former autour d'eux.


Requiem — Not for a dream. For a nightmare.




Merci Mimi pour cette jolie Requiem ♥️

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Ambrose
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Mer 20 Sep - 19:26
L E   D I A B L E   A T T E N D


(enfiiin ahah. han merci beaucoup ♥ et désolée pour le temps de réponse, je suis à blâmer)

Ambrose, améliorer les choses ? Il ne saura jamais faire. Jamais il n'aura une once d'optimisme ou de relativisme. Rien ne peut être pire. Ambrose plonge les situations dans l'ombre, dans la boue, dans la merde, dans tout ce qui nous rabaisse. Ambrose est haine et rage, et rien ne saura plus l'élever. Quoi ? Elle est aussi furieuse et frustrée que lui. Les oreilles de Rosie se plaquent contre son crâne et il la fusille du regard. Y a que lui qui a le droit de cracher sa haine sur tout le monde, il a pas besoin de celle des autres. Mais pourtant son insupportable, détestable, exécrable rictus reste sans relâche accroché à ses lèvres, comme figé.

– T'as pas encore compris qu'y a rien, ici ? Alors merci mais ta frustration à deux balles, tu t'la gardes.

Il renifle, méprisant. Oui, il eu une infime attente, tout au fond, enfouie en lui. L'attente de quelque chose d'autre, autre que des cendres et de la mort. Mais ça, jamais il ne l'avouera, ni aux autres, et surtout pas à lui-même. Et puis, soudainement, il plongent dans une nappe de brouillard. Une ouate se forme autour d'eux, assourdit tout son, il a l'impression d'avoir la tête entourée de coton. Mais ils avancent quand même, avant d'avoir le temps de se poser des questions. Et le brouillard s'épaissit, opaque et à la limite du palpable. De Requiem, il ne voit que de contours flous. De ses mots, il n'entend que de vagues oscillations de voix. Et une fois que la cendre s'étiole et est remplacée par un sol dur et minéral, les questions le frappent comme ses sabots sur la pierre. C'est quoi ce bordel ? Donc il n'existe pas qu'un désert de cendres ? Y a des chances que ce soit un vrai pays ? Et qu'est-ce que c'est que cet endroit, encore ? Il marche encore (il ne sait plus où est la cendrée) et le brouillard le vomit. Une vallée de roches dressées vers le ciel, effilées et déchirées. Un vent froid le cueille vicieusement, et il frissonne. Il avait oublié la sensation du froid, à cause du désert où l'on ne sentait rien. Rosie ne sait pas s'il en est content, parce que le froid, c'est pas agréable. Mais bordel, ils sont enfin sortis du désert ! Il s'arrête.

– T'es encore là ?

Elle s'est peut-être perdue dans le brouillard. A défaut de ne pas retourner la chercher, il l'attend, laissant son regard noir parcourir la vallée sombre et brumeuse. Hors de question qu'il fasse l'exploration tout seul, il est pas du genre à savoir se défendre contre tout. Il sait pas hyper bien se battre, quoi. Et qui sait ce qu'il y a là. Il tourne sa tête vers le brouillard derrière lui, cherchant obstinément une silhouette svelte et grise.


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